Redessinée, agrandie, plus musclée : la Ford Mustang millésime 1967 marque une rupture assumée avec les modèles fondateurs de 1964 et 1965. Face à l’arrivée de la Chevrolet Camaro sur le marché, Ford riposte avec une carrosserie plus large et plus imposante, capable d’accueillir enfin un véritable big-block sous le capot. Mais un détail intrigue souvent les collectionneurs et les nouveaux acheteurs : cette icône de la conduite sportive était aussi disponible avec une boîte automatique, un choix qui semble paradoxal pour une voiture aussi associée au plaisir de conduite manuel. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de s’intéresser à une Mustang 1967 automatique.
Une transmission méconnue mais essentielle
La boîte automatique proposée en 1967 s’appelle la Ford Cruise-O-Matic, également commercialisée sous le nom de Select-Shift. Il s’agit d’une transmission à trois rapports, bien loin des huit ou neuf vitesses des automatiques modernes, mais qui offrait à l’époque un confort de conduite très apprécié, notamment sur autoroute et en usage urbain.
Deux variantes techniques coexistaient selon la motorisation choisie. La boîte C4 équipait les moteurs six cylindres et les V8 289 ci, tandis que la robuste boîte C6 était réservée au gros bloc V8 390 ci, plus lourd et plus coupleux. Un détail technique amusant : le levier de vitesse au plancher permettait de sélectionner manuellement chaque rapport, un compromis intéressant entre le confort de l’automatique et le contrôle offert par une boîte manuelle.
Les motorisations disponibles avec l’automatique
Le choix du moteur influence directement les sensations de conduite et la valeur de collection du véhicule. Voici un aperçu des principales configurations proposées en 1967 :
| Moteur | Cylindrée | Puissance | Boîte automatique | Éligible package GTA |
|---|---|---|---|---|
| 6 cylindres | 200 ci (3,3 L) | 120 ch | C4 Cruise-O-Matic | Non |
| V8 289 ci | 289 ci (4,7 L) | 200 à 225 ch | C4 Cruise-O-Matic | Oui |
| V8 289 K-Code | 289 ci (4,7 L) | 271 ch | C4 Cruise-O-Matic | Oui |
| V8 390 ci | 390 ci (6,4 L) | 320 ch | C6 Select-Shift | Oui (version reine) |
Le V8 390 ci mérite une mention particulière : ce big-block FE, introduit justement pour ce millésime 1967, développait un couple impressionnant de 427 lb-pi, mais souffrait d’un poids supérieur de près de 100 kilos par rapport au 289 ci. Résultat, il offrait de belles reprises mais peinait davantage à monter en régime, un compromis typique des muscle cars de cette époque.
Le package GTA, une signature à part
Le badge GTA (le A signifiant Automatic) désigne une version spécifique qui reprenait tout l’équipement du pack GT : freins à disque assistés, phares antibrouillard intégrés à la calandre, double échappement, suspension sport et bandes de custode caractéristiques. Cette combinaison entre le tempérament sportif du GT et le confort de l’automatique en fait aujourd’hui l’une des configurations les plus recherchées par les collectionneurs, à condition que la voiture soit matching numbers, c’est-à-dire que le moteur d’origine corresponde bien au numéro de série du véhicule.
Conduite et sensations : à quoi s’attendre
Contrairement à une idée reçue, opter pour l’automatique en 1967 ne signifiait pas sacrifier toute la sportivité de la Mustang. Les performances restaient solides pour l’époque : le 0 à 100 km/h s’effectuait entre 7 et 9 secondes selon la motorisation, avec une vitesse maximale avoisinant les 190 à 210 km/h pour les versions les plus musclées.
En revanche, il faut garder à l’esprit certaines limites techniques inhérentes à cette génération de boîte. Le passage des rapports reste plus marqué qu’une transmission moderne, et la conduite exige une approche différente, presque nostalgique, éloignée du confort lisse actuel. C’est justement ce caractère « brut » qui séduit une partie des amateurs de véhicules anciens, en quête d’une expérience de conduite authentique.
Quel profil pour quelle version
Le choix entre motorisation et boîte doit s’adapter à l’usage envisagé du véhicule.
Pour un usage de collection avec sorties occasionnelles et participation à des rassemblements, le V8 289 associé à la Cruise-O-Matic offre un excellent compromis entre fiabilité mécanique, coût d’entretien maîtrisé et authenticité historique. Pour les passionnés recherchant les sensations fortes d’un big-block américain, le V8 390 ci en configuration GTA reste la référence absolue, bien que son entretien soit plus exigeant et son prix d’acquisition nettement supérieur sur le marché de la collection. Enfin, pour un premier achat de véhicule ancien avec un budget contenu, la version six cylindres, bien que moins prisée, permet de découvrir le plaisir de conduite de la Mustang 1967 à moindre coût.
Cote et marché actuel en France
Sur le marché français de la collection, une Ford Mustang 1967 automatique en bon état se négocie généralement entre 35 000 et 50 000 euros, avec des variations importantes selon l’état de restauration, l’authenticité matching numbers et la rareté de la configuration moteur/carrosserie. Les versions fastback équipées du V8 390 ci et du package GTA peuvent dépasser ce budget, notamment lorsque l’historique de restauration est documenté et complet.
Réglementation et immatriculation en carte grise collection
Ayant plus de trente ans d’ancienneté, la Mustang 1967 est éligible à la carte grise de collection en France, un statut qui offre plusieurs avantages non négligeables : exemption de contrôle technique périodique classique (remplacé par un contrôle allégé tous les cinq ans), accès simplifié à certaines zones à faibles émissions selon les municipalités, et tarif réduit sur la taxe régionale d’immatriculation. Il est toutefois indispensable de vérifier la conformité du véhicule et de constituer un dossier technique complet avant toute demande auprès de la préfecture.
La Ford Mustang 1967 automatique incarne un moment charnière dans l’histoire de la pony car : plus imposante, plus puissante, mais toujours fidèle à son ADN de voiture accessible et polyvalente. Que l’on privilégie la sobriété du V8 289 ou la puissance brute du 390 ci, l’essentiel reste de vérifier scrupuleusement l’authenticité matching numbers et l’état de la transmission avant tout achat, car c’est bien souvent ce détail qui distingue une véritable pépite de collection d’une simple bonne affaire.
